Glossaire

Cueillir les mots comme on cueille les gouttes de rosées qui s'égrainent sur une tige odorante. J'admets, j'ai un plaisir enfantin à découvrir un nouveau mot. Je le savoure, je le laisse glisser sur mon palais. Je l'explore.

Mais plus que ce plaisir sensoriel, j'ai une conscience aiguë de la force de ces mots émergents, qui viennent agrandir notre palette de peintre-écrivain pour décrire la réalité, nos émotions... Je vois aussi les lacunes de ma langue, quand j'essaie de transposer la finesse d'un mot anglais, par exemple, et que je ne trouve pas d'équivalent limpide (l'inverse m'arrive aussi, bien que ce soit plus rare, et que cela ne me soit pas encore arrivé dans le domaine de l'écologie). Comment se fait-il que nous ayons tant tardé pour nous parer de mots faisant écho à notre relation au Vivant? Pourquoi avons-nous perdu les mots antiques qui nous connectaient avec l'Autre Monde?

Une des réponses tient dans le binôme habituel patriarcat-industrialisation, et du mythe de More, more, more (Toujours plus), qui ne laisse pas de place pour ce qui ne sert pas, qui ne laisse pas de place pour les mots indigènes, les locutions dialectales qui ne peuvent pas s'uniformiser car elles sont liées à la réalité d'une bio-région spécifique, qui ne supporte pas les mots antiques liés aux sorcières, aux druides, aux femmes sages...

Cette rubrique offre donc mes trouvailles, mots modernes issus de notre relation toujours plus complexe avec le monde, mots antiques, mots celtiques... Ils nous aident à agrandir notre regard et notre compréhension intérieure, nos mouvements d'âme et de coeur vis à vis du Vivant.

Certains auteurs auprès desquels je vais glaner ces mots sont des collecteurs et des restaurateurs, comme l'écrivain Robert MacFarlane. D'autres sont des créateurs, comme David Abram (more-than-human world) ou Glen Albrecht (solastalgie et tant d'autres)...

Photo: Librairie Lello, à Porto (décembre 2018)

DSC_0275.JPG