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  • elenahoye1

Le monomythe du Voyage du héros


Alors, prêts à devenir les héros de votre histoire? Prêts à retrouver la princesse qui sommeille en vous? Dans notre société d’histoires, nous sommes gouvernés par plusieurs grands mythes... Au niveau sociétal, le mythe du fameux “More, more, more”, ce “toujours plus” annoncé comme la clé du bonheur. Au niveau personnel, le storytelling qui s’est imposé comme un monomythe, c’est à dire un mythe fondateur - valable pour tous, tout le temps - est le mythe du héros. Cela vous parle?




NAISSANCE D’UN MYTHE




Le monomythe du héros a été théorisé par le professeur Joseph Campbell dans les années

50. Ce professeur, anthropologue, passionné par Jung, spécialiste de mythologie comparée, l’a diffusé dans ses cours et dans son livre Le héros aux mille et un visages1. Petite précision au passage, Campbell a en fait étudié des épopées, pas tant de contes et de mythes que ça, me souffle-t-on à l'oreille.


Ses théories se sont ensuite diffusées dans toutes les strates de la société par le travail de ses étudiants enthousiastes: il sous-tend la plupart de nos narratifs, des films hollywoodiens au marketing commercial, quand on mange de la culture américaine à tous les repas.


Dans une perspective de développement personnel, des psychologues jungiens se sont

emparés de la méthode avec enthousiasme pour transformer nos vies et voir comment

dépasser les obstacles en suivant ces étapes de façon symbolique ou lors de stage du

Voyage du héros.


On le retrouve aussi dans les pubs, dans le marketing… Toutes les personnes qui s’intéressent au storytelling travaillent à un moment donné sur le mythe duhéros.

Dans une perspective de storytelling Hollywoodien, prenez les premiers Stars Wars, qui ont été une des premières démonstrations de la force de frappe de l’étoile noire… euh non, du mythe du héros, car Georges Lucas avait lu Campbell.


ps: Faut pas croire non plus qu'il était le premier à se pencher sur ce genre d'analyse des contes. Les théoriciens russes comme Vladimir Propp avaient déjà posé les jalons de ce qui deviendra ensuite le "système Campbell".


pps: Faut pas croire non plus que parce que beaucoup de coachs, scénaristes et autres posent ce modèle comme une vérité, c'est le cas de tous. Beaucoup ont un regard très critique su le modèle, et ce, depuis son apparition, notamment sur le fait qu'il s'agit d'un modèle très genré et réducteur. Tous les cinéastes n'en font pas leur potion magique, même à Hollywood.


Donc en résumé:





SON EVOLUTION


Très vite, de nombreux auteurs ont profité de cette "boîte à outils" offerte par Campbell.


Mais c'est surtout Christopher Vogler, un lecteur d'Hollywood qui lui a donné ses lettres de noblesse dans l'industrie cinématographique. Son ouvrage, Le Guide du scénariste2, s’est imposé, d’abord dans les studios Disney, puis petit à petit à toute l’industrie du cinéma, dans le branding et partout...


Il propose un Voyage dans les grands archétypes, et 12 étapes plus subtiles que celles de Campbell, pour dimensionner notre écriture de la façon la plus efficace pour une audience occidentale qui est conditionnée et formée à résonner avec cette approche.


Ca vous dit quelque chose?


Christopher Vogler en parle avec une foi évidente et un enthousiasme communicatif. J'avais déjà lu son livre en anglais quand je me formais au storytelling, et j'ai assisté à la Masterclass qu'il a donnée à Lyon en 2012 (déja?), à l'invitation d'Alexandre Astier qui ne tarit pas d'éloges sur la méthode d'écriture qui est la boîte à outil de la série Kaamelott.


En le lisant, j'avais surtout accroché sur la partie sur les archétypes. En l'écoutant, j'ai été happée par son travail sur le rythme de l'histoire et je suis repartie convaincue d’avoir trouvé LA solution qui m’avait manquée quand j’avais suivi les cours de storytelling plus conventionnels avant…


ET CA MARCHE !


Cette méthode, je l’ai incorporée dans mon système narratif, je l’ai utilisée pour mes clients, je l’ai enseignée en coaching et en ateliers d’écritures. Nos histoires sont moins mécaniques qu'avec les schémas classiques d'écriture, nos héros ont un arc d’évolution plus instinctif. Et notre public comprend, de façon presque instinctive, les symboles et archétypes de l'histoire ou de la marque...


Pourtant, quelque chose me gênait. Quelque chose me chiffonnait dans mes propres écrits. Dans le fait d'en faire un système universel, uniformisé, unique... qui permet de cartographier nos vies. C’est Sharon Blackie qui m’a permis de comprendre ce qui ne m’allait pas. Dès le début de Femmes enracinées, femmes qui s’élève, elle pose clairement son intention. Le voyage auquel elle nous invite n’est PAS fondé sur la même dynamique, même s'il en possède certaines caractéristiques.


Suite au prochain épisode (le storytelling étant un voyage sans fin)


POUR ALLER PLUS LOIN:


Monomythe: le récit fondateur de tous les récits, Bits #75




RESSOURCES:


1.Joseph Campbell “Le héros aux mille et un visages”, J’ai lu

2.Christopher Vogler, le Guide du scénariste, Dixit Editions

3. Sharon Blackie, Femmes enracinées, femmes qui s’élèvent (Editions Véga), page 31

4. Id, page 31



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